Paris : les locataires de la Cité Blanche font de la résistance contre les compteurs « Linky » – un Médecin responsable

>Île-de-France & Oise>Paris|Benoit Hasse| 12 août 2018, 13h20 |1
Voir sous l’article, l’extrait d’un courrier du médecin à l’origine de cette démarche collective réussie !
Les locataires d’une vaste résidence sociale du XIXe s’organisent pour empêcher la pose des nouveaux compteurs électriques Linky dans leur immeuble. Quitte à bloquer physiquement l’accès aux installations.

Certains l’ont couvert de chaînes et de cadenas. D’autres l’ont enfermé sous un coffrage en bois. Et presque tous y ont collé une copie de leur lettre de refus. Les locataires de la Cité Blanche, une vaste résidence Paris Habitat située dans la rue d’Alsace-Lorraine, ont — symboliquement — bloqué l’accès à leurs compteurs électriques individuels. Objectif : empêcher leur remplacement par des compteurs « intelligents » Linky. Enedis (ex ERDF) est en pleine phase de déploiement dans la capitale de ces boîtiers jaunes. Ils doivent — normalement — équiper tous les abonnés d’ici à la fin 2021.

Censés permettre une meilleure gestion de l’énergie et des économies, les compteurs intelligents (ils communiquent avec les appareils électriques par courant porteur en ligne) se sont attiré les foudres de nombreux collectifs, associations, mouvements… Les anti-Linky dénoncent leur potentielle dangerosité sanitaire (ils émettent des ondes), s’inquiètent de leur faculté à collecter des données personnelles et refusent que le remplacement des compteurs « classiques » soit imposé.

Autant de griefs que les locataires de la Cité Blanche ont repris à leur compte depuis que le plan de déploiement « Linky » leur a été présenté en réunion publique en début d’année. « Ces compteurs, on n’en veut pas », résume tout simplement David Sebbah, délégué CLCV de la résidence et animateur du collectif RLC (pour Respect et liberté de choix) que les locataires ont créé. « Rien que dans le bâtiment A qui compte une centaine de logements, plus de 70 personnes ont envoyé une lettre de refus à Enedis », rappelle-t-il.

« Une obligation légale »

La fronde a pris un tour nouveau durant l’été avec les premières installations de compteurs… en catimini. « C’est des méthodes de voyous », s’agace Lakdar, approuvé par ses voisins. « Les techniciens viennent le soir. Ils commencent par les étages élevés, pour qu’il y ait moins de risque que des voisins les repèrent », note le locataire qui a déjà participé à plusieurs sit-in dans le hall… pour obliger les techniciens prestataires d’Enedis à faire demi-tour. « Ça n’a pas empêché la pose de plusieurs compteurs. Y compris chez des personnes qui avaient pourtant envoyé leur lettre de refus à Enedis », ajoute Sylvie qui a cadenassé son compteur.

« Il n’y a pas de procédure de refus. Les arrêtés anti-Linky pris par certaines communes (NDLR : une pétition en ligne le demande à la mairie de Paris) ont tous été cassés. Le changement des compteurs est une obligation légale », lui répond indirectement Eric Salomon, directeur régional Enedis Paris. « Mais nous souhaitons poursuivre un déploiement le plus serein possible », précise-t-il, en rejetant l’idée d’un passage en force « nous avons organisé des réunions, avec les locataires, le bailleur… Nous allons poursuivre les discussions et la pédagogie ». La capitale environ 1,6 million d’abonnés. A ce jour, 250 000 sont déjà équipés d’un compteur Linky.

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Analyse du langage d’Enedis : des phrases répétées à l’infini pour imposer leur produit de force. « Les arrêtés anti-linky pris par certaines communes ont tous été cassés ». C’est l’un des innombrables mensonges d’Enedis. 757 communes ont pris un arrêté ou un moratoire ; la plupart n’ont pas été inquiétées, les autres continuent à défendre leurs droits à la sécurité, à la propriété des compteurs et au choix d’énergie. « Nous allons poursuivre la PEDAGOGIE ». Voilà bien la façon dont ils considèrent les Citoyens : des enfants sous leurs ordres n’ayant pas compris la leçon ; et la façon dont ils se considèrent : des propriétaires, exploitants et donneurs d’ordre de toute l’infrastructure, y compris nous-mêmes.

REMARQUE : même le mot « pédagogie » est employé à contretemps puisque la pédagogie devrait clarifier les notions, alors qu’Enedis ne fait que rendre confuses les différentes données.

 

Extrait de la lettre du Médecin :

Pour information, je suis médecin dans ce même arrondissement de Paris, dans une résidence de près de 840 logements et studios, où habitent surtout des copropriétaires, et où les compteurs électriques sont installés sur les paliers (et non à l’intérieur des appartements).
Il se trouve que la présidente du Conseil Syndical est l’une de mes patientes, et bien sûr j’ai pris mon temps pour lui expliquer les enjeux et risques liés à cette technologie qui avait été annoncée et qui allait nous être imposée très prochainement
J’ai réussi à la sensibiliser, et cette dernière a convoqué le Conseil Syndical avec participation du Syndic pour débattre de ces sujets.
J’ai été invité, et j’ai réussi à faire venir Mr Mercier de Robin des Toits dont je suis moi-même un adhérent actif.
Il se trouve qu’un membre du CS était également adhérent de Robin des Toits.
Le Conseil a été convaincu du bien-fondé de nos propos.
Le Syndic a pris acte de la décision du CS.
Ainsi, des notes d’information ont été affichées dans les halls des différents bâtiments, expliquant ce qui allait nous être imposé, spécifiant que le Conseil Syndical refusait ces compteurs, mais que ceux qui les souhaitaient devaient se manifester afin de ne pas faire obstacle à leur désir (une dizaine de copropriétaires en tout, sur 840).
C’est ainsi que le Conseil Syndical s’est adressé à un avocat, lui demandant de faire un courrier à l’attention d’Enedis et d’EDF, leur spécifiant le refus de ce compteur de la part de la copropriété.
Il y est fait mention que la résidence est pourvue d’une vidéosurveillance, que des maîtres chiens y sont présents en permanence, et que le gardien de la résidence avait pour instruction d’appeler la police en cas d’intrusion de techniciens venant installer ces-dits compteurs.
C’est ainsi que rien ne s’est produit jusqu’à ce jour, contrairement à la résidence mitoyenne  comprenant plusieurs centaines de logements où ces compteurs ont été installés.
À ma connaissance, Enedis ne s’est plus manifesté jusqu’à ce jour.
« je croise les doigts ! »
Ceci pour information.                                                                                                                        Amicalement  

 

 

 

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